16.12.2007
No global ! pro local ! Mangez d'abord le mouton vosgien
No local ! Pro local ! Mangez d'abord le mouton vosgien !
Drôle d'affirmation penserez-vous, et vous aurez raison cela mérite explication. Je vous la donne tout de suite, suivez-moi.
La première idée à intégrer est que les grandes conférences sur l'environnement ne servent à rien pour sauver la planète si les producteurs et les consommateurs n'adoptent pas des comportements adaptés à la crise écologique mondiale.
La deuxième idée est que pour éviter le désastre écologique mais aussi économique qui s'annonce, il faut commencer par raisonner localement en posant concrètement les rapports des producteurs et des consommateurs de base en matière agro alimentaire ( et aussi s'agissant de l'exploitation des ressources halieutiques )
Il nous faut par exemple renoncer à vouloir manger à tout prix, c'est à dire à n'importe quel prix, des fruits qui ne sont pas de saison, car cela entraîne d'énormes coûts de transport associés à un coût écologique encore plus important : celui du gaspillage énergétique et des pollutions causées par le kérosène des avions et le gazole des camions de fret internationaux.
Vous objecterez que peu de consommateurs insistent pour manger à Noël des cerises venant du Chili. C'est heureusement le cas mais c'est oublier que vous et moi nous n'hésitons pas à consommer de la viande de mouton néo zélandais toute l'année. Cette viande nous parvient congelée à des prix parfois plus bas que ceux de la viande de moutons élevés en France. C'est la loi de la concurrence et de la mondialisation qui le veut, et il n'y a aucune parade à cette loi sinon une forme ou une autre de dictature. Ce sera donc dans le respect de la concurrence et d'échanges commerciaux libres que nous devons trouver une alter solution. En d'autres termes il nous faut concurrencer les échanges mondialisés par des échanges localisés de meilleur coût et meilleure qualité. No global ! pro local ! telle est notre devise.
Concrètement cela veut dire opposer le produit local de meilleure qualité à prix de vente égale au produit venu du bout du monde, toujours plus cher lorsque l'on introduit les paramètres écologiques dans son prix de revient. Pour ce faire il faut associer les producteurs locaux aux consommateurs locaux afin de créer des réseaux de distribution locaux.
Utopique me direz-vous. Certainement si vous prétendez nier la mondialisation et les réseaux d'échange mondialisés, mais cela ne veut pas dire qu'il est impossible de concurrencer ces échanges dans certains domaines fondamentaux comme le secteur agro alimentaire et les pêches. Dans ces domaines les productions agricoles de base et la ressource halieutique ne pourront d'ailleurs être assurés à long terme que par la création de réseaux locaux adaptant la consommation à la ressource, dans le respect de la préservation des sols et des réserves naturelles.
Aujourd'hui nous ne sommes qu' au tout début de la mise en place de ces réseaux, mais ceux-ci constituent une réponse de terrain, concrète, tout aussi utile que les résolutions souvent mal respectées des conférences sur l'environnement.
Pour revenir à nos....moutons, je concluerai en vous donnant un exemple concret et colmarien. Il existe à Colmar un circuit direct permettant l'achat de viande de moutons rustiques, élevés dans les Vosges en pleine nature et de manière traditionnelle, bref des moutons bio.
Ce circuit associe des consommateurs colmariens et un éleveur qui définissent ensemble les objectifs de production pour l'année. Les consommateurs sont approvisionnés régulièrement de la quantité de viande de mouton qu'ils ont préalablement définie avec l'éleveur, et ils bénéficient d'une viande biologique de qualité supérieure à un prix équivalent ou à peine supérieur, à celui de la viande venue congelée du bout du monde (quand la traçabilité de la provenance peut être assurée d'ailleurs !) De son côté l'éleveur bénéficie de la solidarité de consommateurs qui régularisent ses débouchés. C'est donc un contrat gagnant gagnant pour tous et un moyen efficace pour lutter contre le gaspillage énergétique et la pollution occasionnés par des transports planétaires. Ce type de circuit direct s'organise à travers la création de réseaux associatifs de type AMAP ou Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne.
Sur Colmar il existe actuellement deux AMAP. L'une consacrée à la production de viande ovine et l'autre à la viande de boeuf.Une troisième AMAP vouée aux cultures maraîchères devrait voir le jour dans les prochains mois.
Pour en savoir plus allez sur Internet et tapez AMAP
A bientôt autour du méchoui !
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