04.06.2009

Jacques Cordonnier analyse le mal européen

Jacques_Cordonnier.jpgDevant un public jeune et intéressé et en présence du Conseiller Général Christian Chaton, Jacques Cordonnier a réussi l'exploit de remplir une salle de l'hôtel Ibis de Mulhouse pour parler de l'Europe. Un exploit en effet car sans accès aux médias, j'ai pu constater qu'il avait attiré autant de monde que des  "ténors"  officiels dans d'autres hôtels de notre région. Il a fait aussi bien ou.... aussi mal comme on veut.

Bravo pour cet exploit en ce temps de déprime qui pousse chacun à rester chez soi en haussant les épaules à l'écoute des nouvelles. On peut donc s'attendre à une abstention record dimanche prochain, et c'est bien dommage car la construction européenne est la condition de l'avenir de nos enfants. Les jeunes qui avaient fait l'effort d'aller écouter Jacques Cordonnier en étaient justement convaincus. Leur présence était un premier pas pour vaincre le mal européen. Mais bien d'autres seront nécessaires car, comme l'a fort bien fait remarquer Jacques Cordonnier, le mal est dans les têtes plus que dans la réalité. Chiffres en mains Il a montré que l'Union Européenne est la première puissance économique et militaire du monde, mais un vide politique et diplomatique, pire ses citoyens n'ont aucune conscience de son existence. Pourquoi en est-il ainsi ?

Selon Jacques Cordonnier la raison est à chercher dans la nature des institutions et dans le jeu des politiciens

Les institutions sont irresponsables car personne ne connaît les élus  européens qui, de ce fait ne rendent de comptes à personne et font ce qu'ils veulent de leur mandat, promettant par exemple aux électeurs de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'UE, tout en faisant partie du lobby pro Turc à Bruxelles. Pire les politiciens nationaux amusent les électeurs en les excitant contre Bruxelles, et Jacques Cordonnier a cité à ce sujet le cas de la "bataille" de la TVA à 5,5%. Celle-ci  a mobilisé Chirac et Sarkozy contre Bruxelles pour des effets insignifiants . Les mêmes Sarko/Chirac par contre n'ont jamais bataillé pour que les frontières de l'Europe soient enfin définies, et qu'une zone de protection économique de l'UE soit constituée pour contrer la mondialisation. Bref les citoyens ne voient que les défauts de l'Europe, excités en cela par les politiciens nationaux qui ne se soucient de l'Europe que pour faire d'elle le bouc émissaire de leurs incompétences. Dans ces conditions on comprend que les citoyens les plus pro européens n'ont pas envie de se déplacer pour élire des fantoches irresponsables.

Pour ce qui est de la commission, même critique que pour les députés, en pire, car l'irresponsabilité des commissaires est institutionnelle.Les commissaires n'ont de compte à rendre à personne et l'on sait qu'ils font ce qu'ils veulent loin des peuples et de tout contrôle démocratique. Quant au gaspillage des moyens Jacques Cordonnier n'en a pas parlé, sans doute par refus de tomber dans ce qui pourrait apparaître comme du populisme, mais qui n'est en fait qu'un souci de bonne gestion. Que dire du scandale financier des déménagements permanents entre Strasbourg et Bruxelles ?

Quelles solutions ? Selon Jacques Cordonnier il faut commencer en donnant  à l'Europe une identité à travers l'élection d'un Président de l'UE au suffrage universel. Ce serait là sans doute un bon début, mais en attendant, il faut voter dimanche prochain et le choix ne sera ni claire ni facile. Merci à Jacques Cordonnier d'avoir un peu éclairé notre lanterne.

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