22.06.2009
Européennes 2009, Régionales 2010: même topo: Sarko par défaut
Les élections européennes sont derrière nous, les régionales devant nous, mais si rien ne change dans l'opposition le résultat sera le même, Sarko et l'UMP triompheront de nouveau ...par défaut.
Analyse
Les récentes élections européennes ont mis en lumière la grande lassitude des électeurs qui, à travers l'UMP, confortent Sarko par défaut parce que les oppositions au Président ne sont pas crédibles et n'offrent pas d'alternatives à sa politique. Certes le Président s'agite beaucoup pour rien, mais il donne l'impression de faire ce qu'il peut, si bien que toute critique à son égard se retourne contre ses adversaires. La majorité silencieuse de ce pays répond à la critique par :"'Que feriez-vous de mieux à sa place ?", puis cette même majorité silencieuse hausse les épaules et s'en va .....à la pêche. L'UMP et Nicolas Sarkozy n'ont donc pas de quoi pavoiser mais ils sont au pouvoir par défaut pour longtemps tant que les forces d'opposition ne seront pas crédibles. Tant mieux pour ce qui est des vieilles lunes de gauche, mais l' opposition de droite,régionaliste ou pas, est également incapable de se renouveler afin de bénéficier de nouveau du soutien des couches populaires désespérées qui se réfugient dans l'abstention ou soutiennent l'UMP par défaut.
Or ce pays aspire au changement, vaguement certes, mais il attend des réponses face à la crise et il pense, vaguement toujours, mais avec un instinct sûr, que les valeurs de l'écologie sont celles de l'avenir. Ne nous y trompons pas cependant,le succès des Verts aux européennes fut avant tout un vote défouloir s'adressant aux partis traditionnels. Mais justement, additionné à celui des abstentionnistes, ce vote défouloir peut trouver d'autres formes d'expression pour qui saura surfer sur les valeurs qu'il incarne : volonté de faire de la politique autrement, remise en cause globale de la société dans tous les domaines sous couvert d'écologie, terme fourre tout mais qui résume bien le malaise sociétal et politique.
La réponse régionaliste
Celle-ci n'a jamais été proposée de manière positive. Plutôt qu'Alsace d'Abord, c'est Alsace Demain qui intéresse les électeurs. Aux élections régionales il faudra parler moins de la Turquie et plus de l'Alsace,parler de la Région comme Europe Ecologie a su parler d'Europe alors que les autres partis réglaient entre eux des comptes nationaux. IL faudra donner la priorité à la défense des libertés locales, aux finances locales, à la relocalisation de l'emploi, à la défense de la Sécu d'Alsace Moselle, montrer que l'on ne peut être écologiste si l'on n'est pas d'abord un type du coin enraciné dans son environnement et proche des gens du coin, c'est à dire des Alsaciens.
Alsace demain
Ce pourrait être le slogan d'une liste composée en Alsace,et non à Paris, regroupant des militants et des notables locaux issus de toutes les forces régionalistes et d'opposition allant du Modem aux écologistes locaux en passant par Alsace d'Abord et les éléments ouverts de droites indépendantes non téléguidées depuis le parc Montretout ou quelque bureau parisien. Et cela implique que des contacts soient pris dès maintenant sans attendre notre congrès.
Les chances de constituer une telle liste sont quasi nulles car la réalité politique locale est elle aussi faite d'égos et de nombrilisme partisan peu favorables au travail d'équipe et au dialogue nécessaire à la constitution d'une plate forme commune d'action. Si rien ne change on peut s'attendre de nouveau à une multiplicité de listes se parasitant mutuellement, et assurant au final un nouveau triomphe de l'UMP et de Sarko par défaut. La conséquence en sera le renforcement du bonapartisme centralisateur du régime et son évolution vers un totalitarisme mou, de type politico médiatique. Un tel régime digne d'une république bananière est ce qui attend une France vieillie souffrant d'anémie démocratique et citoyenne. Est-ce bien cela que nous voulons ? Sommes-nous devenus encore plus "veaux" que ne le pensait De Gaulle ?
Seule une résistance éco régionaliste et décentralisatrice peut stopper la dérive du régime en cours. Il est encore temps de le comprendre et de penser notre action politique de manière conséquente bien au-delà de notre mouvement.
18:24 Publié dans Actualité électorale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire