Colmar Régionalisme

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  • Crise belge, crise grecque : une chance pour l'Europe

    eu-flag.gifEn pleine crise de l'euro, et alors que les Belges se déchirent, le Conseil de l'Europe n'a pas de plus grande urgence que de savoir...si la fessée doit être interdite dans l'UE ! On croit rêver, et jamais l'UE n'a autant mérité son nom de machine à parlottes ! Ce constat est d'autant plus consternant que les crises actuelles pourraient être une excellente occasion de penser l'UE autrement.

    L'Europe a besoin d'être refondée en fonction des données de l'Europe réelle de 2010, et non sur les axiomes dépassés des années 50. L'heure n'est plus celle de l'élargissement indéfini, de l'Otan et du libéralisme mondialiste, mais celle du bilan de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas ,afin de refonder la construction européenne en fonction des réalités du 21è siècle. La crise de l'euro et celle de la Belgique nous éclairent sur ces nouvelles réalités et désignent les bases incontournables de l'Europe de demain, à savoir : le respect de l'identité des peuples, des nations et des régions, voire celle des cultures et des religions,d'une part, le refus du libéralisme mondialiste non régulé d'autre part, et cela au prix d'un retour à un certain protectionnisme aux frontières de l'UE, et en son sein même.

    En effet, la crise de l'euro, en Grèce, et bientôt au  Portugal et dans le sud de l'Europe, mesure simplement le différentiel de compétitivité qui existe entre les poids lourds comme l'Allemagne et les poids plumes comme la Grèce. Or, comme chacun sait, en boxe les poids lourds ne sont pas opposés aux poids plumes. L'admission de la Grèce dans la zone euro sur la base de statistiques truquées fut une erreur, maintenir ce pays sous perfusion financière serait une erreur pire encore. Quand une branche est pourrie, il faut la couper pour sauver l'arbre. En d'autres termes la solution de la crise grecque passe par la réintroduction d'une drachme grecque liée de manière fluctuante à l'euro sur le modèle de l'ancien SME ( Serpent Monétaire Européen). Les Grecs pourraient ainsi continuer à tricher chez eux, tout en vivant un peu mieux, mais sans mettre en péril la monnaie européenne. L'euro en définitive ne peut être qu'une monnaie de réserve pour les européens eux mêmes et le reste du monde; ce qu'il était en train de devenir avant la crise financière,mais dans l'UE il ne peut être la devise courante que des poids lourds de l'UE.

    L'UE pour l'instant n'existe que par l'euro, ce n'est pas le moment de dilapider cet atout politiquement. Par ailleurs il ne serait pas décent d'admettre la Turquie dans l'UE à l'heure où il est nécessaire d'exclure la Grèce de la zone euro!

    La crise belge est d'une autre nature, elle illustre de manière particulièrement saisissante la montée partout en Europe de forces prônant la plus large décentralisation, voire le fédéralisme fiscal ( ligue du nord en Italie), ou même l'indépendance comme la Flandre et la Catalogne. Plutôt que de se lamenter de ces évolutions il faut surfer sur elles car elles apportent avec elles une inévitable décroissance et une nécessaire relocalisation des emplois primaires industriels et agricoles. Mais pour que ces évolutions se fassent harmonieusement il y faut une référence commune et régulatrice qui est celle de l'UE. L'indépendance de la Flandre ou de la Catalogne n'a de sens que si leurs systèmes d'échanges intraeuropéens sont sauvegardés, faute de quoi la décroissance aboutira à un repli autarcique façon Albanie des années 60 ! L'UE reste donc le pilier de l'avenir des européens, mais à condition de penser l'avenir et la structure de l'UE en termes de Realpolitik et sur les bases du 21è siècle, et non sur celles du siècle précédent.

    Il y a urgence et les Européens de 2010 ne doivent pas ressembler aux Byzantins d'autrefois qui discutaient du sexe des anges alors que les Turcs s'apprêtaient à prendre Byzance. Il serait temps que les dirigeants européens prennent conscience de la situation réelle de l'UE plutôt que de parlotter au sujet de l'interdiction d'une fessée...qu'ils  mériteraient amplement !

     

  • Une autre idée de la République avec Jean-Pierre Raffarin

    Ceci est une mise au point suite aux réactions étonnées ou indignées suscitées par la prise en lien sur ce blog de celui de Jean-Pierre Raffarin.Marianne_%28Symbol_of_french_republic%29.jpg

    Régionaliste et girondin je suis et je reste, et nulle part ne suis "encarté", je suis un esprit libre et je précise que ce blog  indépendant soutient les hommes et les femmes de droite ouverts aux idées régionalistes et décentralisatrices, ou fidèles à l'éthique du gaullisme historique.

    Je soutiens l'action de Jean-Pierre Raffarin parce que :

    1)  Ses critiques envers le chef de l'état ne sont pas celles d'un futur candidat en 2012, elles sont dénuées d'esprit polémique et elles sont justes.

    2) Jean-Pierre Raffarin a résumé en quelques mots  la critique fondamentale des décentralisateurs au chef de l'Etat : une hyper présidence qui braque le corps politique et les Français, et qui conduit à une impasse institutionnelle.

    3) Jean-Pierre Raffarin est membre du Sénat, cette institution qui, malgré ses nombreux défauts, représente le mieux les territoires et la France profonde. Les mises en garde qu'il adresse au Président sont fondées, car un présidentialisme à la française ne peut ressembler à celui des USA mais doit s'inscrire dans la continuité de l'esprit des institutions de la Vè République.Cela exige une réforme institutionnelle assurant l'équilibre de la République par une juste représentation des territoires à travers le Sénat, et le renforcement des Régions en particulier au plan décisionnel et fiscal.

     

     

     

  • Les conseils de Jacques Dreyfus au Président

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    Dans les colonnes des DNA du 13 avril, Jacques Dreyfus donne des conseils au Président pour qu'il ne perde pas l'élection présidentielle de 2012. Selon Jacques Dreyfus, Nicolas Sarkozy devrait "éviter l'accroissement des inégalités sociales et de l'injustice" et il lui suggère d'ouvrir " un second front ( social) qui est l'ultime chance pour notre pays". Pour conduire la bataille sur le front social, le colmarien propose la création d'un "pôle social et centriste"adossé à l'UMP, et qui réunirait les gaullistes sociaux, les écologistes modérés et les centristes.

     Proche de cette sensibilité, et souhaitant son émergence politique au plan local et régional, j'aimerais que Jacques Dreyfus ait raison, malheureusement au plan national son analyse est fausse. En effet ce n'est pas l'accord avec un centrisme introuvable (ailleurs qu'en Alsace, et encore ..) qui permettra au candidat de droite de gagner en 2012. Pour gagner, la droite devra mobiliser ses électeurs abstentionnistes et trouver un accord avec les forces de la droite populaire draînées par le Front National, surtout si Marine Le Pen se présente. Partout en Europe en effet ce sont ces forces populistes et populaires qui sauvent la mise aux droites de gestion. Voilà pourquoi, plutôt que de rêver en vain d'être Obama, Nicolas Sarkozy devrait imiter le malin Silvio Berlusconi qui vient de se renforcer grâce au poids des ligues locales, en particulier en Lombardie.

    Désolé pour Jacques Dreyfus, mais la politique n'est pas morale, elle aime beaucoup les clowns et les bouffons de la commedia dell'arte, pas seulement en Italie !

  • Erdogan politiquement incorrect

    La visite d'Erdogan en France le 7 avril a été très peu médiatiséeturquie.jpg. La raison ? Les propos identitaires d'Erdogan qui déclara devant 6000 de ses compatriotes réunis au Zénith à Paris, je cite :" Personne ne peut vous demander d'être assimilé. Pour moi le fait de demander l'assimilation est un crime contre l'humanité" Il a demandé à tous les Turcs vivant en Europe de faire de même pour que, je cite encore :" En Europe les prénoms turcs augmentent "

    Commentaire :

    L'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne est donc clairement définie par Erdogan comme un processus d'invasion biologique et culturelle aux antipodes de la notion de citoyenneté. On ne saurait mieux justifier le refus de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, et l'on aimerait que  Nicolas Sarkozy se souvienne des propos de M. Erdogan pour rappeler à nos partenaires que la construction européenne n'est pas simplement une affaire de marchés et de monnaie unique mais aussi, et surtout, un processus culturel et identitaire. Sur cette question nos élites trop souvent décadentes et apeurées, font tout pour ne rien voir venir et pour censurer tout propos rappelant cette question fondamentale. Merci donc à Monsieur Erdogan de  la leur rappeler en ne craignant pas d'être politiquement incorrect ! 

     

     

  • La taxe "Bur" et la CCI d'Alsace : incohérence et démagogie

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    A l'occasion de l'AG de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie d'Alsace, et dans la perspective des élections consulaires de décembre 2010, les grandes manoeuvres électorales ont commencé.

    J'en veux pour preuve le manque de cohérence des décideurs économiques alsaciens à propos de l'éco taxe, et je les soupçonne même de démagogie sur le sujet.

    Au plan des principes et après s'être réjouis de l'abolition de l'archaïque taxe professionnelle, les décideurs économiques alsaciens font preuve d'archaïsme à leur tour en refusant de comprendre que la fiscalité écologique est une composante fondamentale de la fiscalité de demain.. Passons, on peut être un décideur et raisonner comme grand papa...Mais il y a plus grave, et c'est d'être incohérent.

    Comment en effet peut-on à la fois demander très justement " l'application d'un taux progressif en fonction de la distance parcourue et l'application d'une franchise pour les transports locaux de courte distance" et, en même temps, refuser l'expérimentation appliquée au cas spécifique alsacien ? Il est faux de dire que la taxe "Bur"n'est plus d'actualité, elle le sera aussi longtemps que le LKW-Maut sera en vigueur de l'autre côté du Rhin.

    Exiger l'abandon de l'usine à gaz inventée par  Michel Rocard était juste, mais refuser l'expérimentation concrète d'une esquisse de fiscalité d'avant-garde adaptée à la réalité locale ne fait pas honneur aux élus consulaires alsaciens. Mais il est vrai, ne l'oublions pas, qu'ils sont en campagne électorale; ce qui explique qu'ils se comportent en parfaits politiciens sensibles au poids des lobbies routiers. Plus démago que moi tu meurs... à la CCI aussi !