Colmar Régionalisme

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  • Salon du livre de Colmar : l'arbre qui cache la forêt.

    Bible de Guytenberg.JPGLe thème de l'édition 2011 du salon du livre de Colmar était :"effroyables forêts". Le monde du livre et de l'édition serait-il lui aussi effroyable ? Et le succès de ce genre de manifestation ne cacherait-il pas la situation difficile du livre et de la lecture ?

    Apparemment il n'en est rien, à juger par la richesse extrême de cette manifestation qui donne toujours beaucoup de plaisir à tout visiteur tant soit peu sensible au livre et au monde de la lecture. Il n'en est pas moins vrai que la concurrence du numérique et la crise économique sont sensibles dans le monde de l'édition.En particulier les librairies indépendantes ont de la peine à survivre.

    Et les auteurs ? Il en est de ces derniers comme des artistes, la clé du succès reste bien mystérieuse et semble souvent liée à un bon réseau marketing, voire à un simple nom connu. Les nègres sont là pour écrire les ouvrages et le marketing fait le reste.

    Est-ce à dire que l'amateur doit renoncer à écrire s'il en a envie ? Certes pas, mais il devra veiller à ne pas investir son argent à fonds perdus dans un bel ouvrage qui ne sera pas diffusé. Le mieux est de trouver un éditeur qui le mettra en ligne et ne l'éditera qu'à la commande, cela ne lui coûtera pas cher et se traduira au pire par une opération nulle financièrement. Croyez en les conseils d'Hervé Laurent nom d'auteur des quelques livres que j'ai écrits. Ils ne me rapportent rien mais j'ai un énorme plaisir à rencontrer des lecteurs, soit en ligne, soit à l'issue d'une de mes conférences ( Voir sur le sujet le blog du Vieux Templier que j'anime )

    Et les prix littéraires et les gros succès de librairie ? Il n'y a pas de corrélation. Le Da Vinci code n'a jamais eu de prix, et pourtant il rapporta une fortune à son auteur en jouant sur les fantasmes historiques et religieux de la culture occidentale.  A contrario de nombreux prix littéraires n'ont pas lancé les auteurs qui sont vite retombés dans l'oubli et leur prix avec. Effroyable monde de la littérature vous dis-je !

    Pour terminer je vous livre mon coup de coeur du salon,il lui vaut le prix anonyme du Vieux Templier. Il s'agit de "Saints guérisseurs et protecteurs de l'Alsace" de Marie-Thérèse Fischer aux éditions du Signal ( voir le blog du Vieux Templier sur le sujet )

  • Faut-il sortir progressivement du nucléaire ? Oui mais....

    Faudra-t-il sortir du nucléaire pour des raisons économiques ? Pour les anti, la filière nucléaire c'est la ruine, pour les pro c'est le pactole. Les uns et les autres avancent des chiffres invérifiables et il n'est donc pas possible de conclure sur ce point.k0579683.jpg

    Faut-il alors sortir du nucléaire pour des raisons de sécurité ? La réponse est clairement oui car le problème des déchets n'est pas résolu et nous ne pouvons pas laisser à nos enfants des poubelles atomiques actives pendant des centaines d'années.

    Faut-il sortir du nucléaire pour des raisons politiques, pour en finir avec le mensonge de l'indépendance énergétique de la France ? Là encore la réponse est oui car l'indépendance énergétique de la France n'est pas assurée par le nucléaire dont le combustible doit être importé.

    Faut-il sortir du nucléaire pour des raisons éthiques ? C'est certainement le meilleur argument que l'on puisse avancer pour sortir peu à peu du tout nucléaire. Nous entrons dans une époque caractérisée par un nouveau paradigme énergétique portant en soi une décroissance programmée en vue d'un développement durable de la planète.Le temps de la croissance basée sur une énergie à bon marché est derrière nous, et après les trente glorieuses voici les trente piteuses.L'énergie chère sera au programme et il devient plus important de ne plus gaspiller l'électricité que de prétendre en produire toujours plus en prenant les risques que nous avons soulignés. Oui sortons peu à peu du nucléaire pour mieux réorganiser la production d'énergie, mais n'abandonnons pas cependant la recherche dans le domaine nucléaire.

    La recherche nucléaire est en effet la plus fondamentale des recherches car elle concerne le coeur de la réalité matérielle aux limites de l'inconnu. Il faut continuer la recherche nucléaire pour cette seule raison éthique, afin de mieux comprendre les réalités ultimes. Au plan pratique, il faut aussi poursuivre la recherche sur la fusion nucléaire. La fusion nucléaire c'est l'énergie du coeur du soleil, si elle était maîtrisée pour apporter sans déchets une énergie illimitée, cela vaudrait la peine de revenir à la filière nucléaire. Ce n'est pas le cas et pour l'heure la raison est d'en sortir peu à peu pour rattraper l'énorme retard français en matière de développement des énergies renouvelables.

    Mais comment faire entendre raison sur le sujet  aux lobbies pro et anti qui animent la campagne électorale des présidentielles ?

  • Vers l'Europe réelle.

    eu-flag.gifLa rencontre du 24 novembre 2011 à Strasbourg entre Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Mario Monti a été présentée comme une "victoire" des positions allemandes. Présenter ainsi ce qui se joue en ce moment est un mauvais coup porté à l'Europe qui fait le jeu des Le Pen, Mélanchon et autres nationalistes. La vérité est que la construction européenne progresse à travers la crise et sous la pression des marchés, ceux-ci pourraient même précipiter la restructuration de l'euro et de l'Union Européenne elle-même.

    La construction européenne avance du fait de la fermeté allemande et du sérieux des technocrates à la Monti qui ne plaisantent pas avec les traités et les contraintes juridiques de la construction européenne.

    Les impatients et les brouillons peuvent bien déplorer la supposée rigidité d'Angela Merkel mais de fait  celle-ci avance dans la direction souhaitée par Nicolas Sarkozy,sauf que contrairement à notre impulsif président, la Chancelière ne veut rien faire dans la hâte et l'improvisation. Pour elle il s'agit bien  "d'aller dans le sens d'une union fiscale et coordonner nos politique si nous voulons avoir une monnaie commune stable". Elle veut donc la réorganisation de l'Union Européenne,mais sérieusement, à l'allemande, et quasi naturellement du fait que l'Allemagne est le moteur économique de l'Europe et en devient peu à peu, presque à son corps défendant,le centre politique.

    Voilà pourquoi nous arriverons sans doute à l'émission de bons du trésor européen ( eurobonds dans le jargon international), mais pas dans l'immédiat, et uniquement lorsque la discipline budgétaire sera le fait commun d'Etats européens ayant une gouvernance économique commune. Pas question donc de donner une prime aux Etats laxistes actuellement.

    Et encore faudra-t-il pour cela modifier les traités. Mais comme les marchés n'attendront pas un processus aussi compliqué, nous devons nous préparer à de la casse prochainement. Une casse douloureuse mais qui permettra l'émergence d'une Union Européenne à deux vitesses et d'un euro renforcé et stabilisé. Douloureux mais l'alternative n'est que fuite en avant dans les pyramides de crédit ne reposant plus sur rien et vouées à l'effondrement final.

  • Belgique virtuelle, régions réelles et Europe décroissante de demain.

    Ce qui est important dans l'actualité est rarement mis en valeur par nos médias, plus préoccupés de l'éphémère que d'éclairer un peu notre avenir. Or celui-ci se construit sous nos yeux. Angoissés par la "crise" nous ne voyons pas le monde nouveau qui naît sous nos yeux. Nous entrons enfin dans une nécessaire décroissance et nous assistons à la déliquescence des Etats nations parasites. C'est ce qui expliqueimagesCAXEK1RF.jpg le succès des régionalistes en Espagne et la persistance de la crise belge.

    La Belgique est un Etat nation construit artificiellement en 1830 par l'Angleterre pour contrer la France. Aujourd'hui l'artifice a vécu et les réalités belges flamandes et wallones apparaissent au grand jour. Le pays n'a plus de gouvernement depuis 527 jours et il ne s'en porte pas plus mal du fait précisément de la vitalité de régions qui n'ont pas besoin de Bruxelles pour exister. Bruxelles au contraire, avec sa monarchie anachronique, a besoin des régions pour justifier ses ponctions budgétaires. La crise belge n'a pas d'autre raison, et si elle s'éternise, c'est parceque les partis libéraux, tant néerlandophones que francophones, en ont assez des budgets socialistes et centristes faits de hausses d'impôts et de refus des réformes de fond visant à "dégraisser" l'Etat bruxellois parasite.

    Tout est là, dans l'aspiration au "dégraissage" des Etats centraux, principaux facteurs de gaspillage et de "croissances" budgétaires parasites et dispendieuses. Cela vaut bien sûr aussi pour l'embryon d'Etat européen centralisé de Bruxelles, totalement inutile comme chacun sait. L'Union Européenne n'a pas besoin de Bruxelles, elle est ailleurs, dans le moins de bureaucratie et dans le plus de coopérations internatinales ancrées au niveau des régions européennes. Quant aux entreprises elles trouvent d'elles-mêmes les alliances dont elles ont besoin et n'ont pas besoin pour cela de mentors bonapartistes et colbertistes façon Areva ! 

    La décroissance n'est plus une théorie, elle commence en Belgique, en Espagne et partout où les citoyens décident qu'ils peuvent se prendre en charge et compter d'abord sur eux-mêmes, localement et à la base, au niveau de l'entreprise, de l'association et des institutions locales.Vous avez dit crise ? Certes,mais la guérison passe par là et il est vain de prétendre revenir au monde de la croissance façon années 60 !

     

  • Elections espagnoles : victoire pour les communautés autonomes.

    photo_urne_standard_100_BL.jpgPlus que la droite, ce sont les grandes régions d'Espagne qui ont gagné les élections du dimanche 20 novembre.

    En Catalogne Convergence et Union ( centre droit régionaliste) obtient 29, 35 % des voix tandis que les indépendantistes de gauche obtiennent 7,06% des voix, soit au total près de 37 % des Catalans en faveur de plus de pouvoir pour la Catalogne.

    Même scénario au Pays Basque où le total des partis autonomistes ou indépendantistes de gauche et de droite est  de 24,12 % + 27,42 % soit 51,54 % des voix. ETA peut se permettre de déposer les armes car la voie des urnes confirme le sentiment séparatiste basque.

     En Galice le Bloc Nationaliste Galicien obtient 11,25 % des voix.

    Avant que le fascisme ne centralise le pays à outrance il fut un temps où l'on ne parlait pas de l'Espagne,mais des Espagnes. C'est aujourd'hui un retour à cette situation que l'on constate.

     

    Pour mieux comprendre l'évolution de l'Espagne de 2003 à 2011 on lira la dernière note du vieux templier. Le blog du vieux templier est désormais disponible sur hautetfort.com à l'adresse suivante http://le-vieux-templier.hautetfort.com

  • Nicolas Sarkozy et l'erreur nucléaire.

    NS.jpgEn mettant en garde contre l'abandon de la filière nucléaire, Nicolas Sarkozy est certainement dans son rôle. Il est raisonnable en effet de ne pas sortir brusquement du nucléaire afin de ne pas déséquilibrer le marché de l'énergie. Mais il est encore plus raisonnable de se préparer à corriger l'erreur initiale du  "Tout nucléaire " gaulliste.

    Il est temps de comprendre que nous changeons d'époque et de paradigme énergétique; ce que Nicolas Sarkozy ne voit peut-être pas. Enfant gâté des trente glorieuses et élevé dans l'illusion de la croissance infinie, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui confronté au début des trente piteuses de décroissance qui verront, entre autres, l'abandon progressif de l'énergie nucléaire à bon marché,au profit d'un nouveau modèle de consommation fondé sur l'energie rare et chère.Bref la fin du rêve des nucléocrates français, fidèles serviteurs d'un Etat bonapartiste et souverainiste aujourd'hui déliquescent, et d'un modèle de consommation fondé sur l'énergie nucléaire à bon marché.

    Tout cela notre président le pressent peut-être, mais il estime que son job est de gérer la crise le nez dans le guidon et cela l'empêche de voir plus loin. A moins qu'il ne s'illusionne au point de croire que la France sera éternellement auto suffisante en énergie et revendeuse d'électricité nucléaire ? " La filière nucléaire est notre seul avantage concurrentiel" a-t-il remarqué. C'est juste mais c'est un raisonnement à court terme fondé sur le logiciel dépassé des années 60. La crise n'est que l'expression douloureuse d'un changement d'époque qui appelle des investissements gigantesques en matière d'énergie, mais pas dans le nucléaire devenu "ringard" parce qu'associé à un modèle dépassé de production et de consommation. Pour cette raison, l'avantage concurrentiel dont parle le président, ne va pas cesser de se réduire pour devenir vite nul,les sommes colossales investies dans le nucléaire de demain pourraient vite devenir des investissements à fonds perdus.

    Pour conclure, on peut comparer la France à une poule qui couverait un oeuf nucléaire en imaginant qu'il va devenir la poule aux oeufs d'or dans un monde avide d'énergie. Malheureusement la filière nucléaire interesse de moins en moins de clients. Mieux vaut donc ne pas jeter l'argent rare par les fenêtres et ne pas essayer d'affoler les Français sur le sujet.Nicolas Sarkozy a certes une guerre de retard mais il a au moins un langage responsable, pas comme monsieur Proglio qui promet la perte d'un million d'emplois si la France sort du nucléaire ! Il faut vraiment que le lobby nucléaire soit sur la défensive pour avancer de telles inepsies !

  • Régionalisme et démocratie ( suite et fin)

    Nationalistes d'une part, et alter mondialistes d'autre part, dénoncent à raison le déficit démocratique du FMI ou de l'Union Européenne. Mais ni le nationalisme ni le mondialisme alternatif ne sauraient combler ce déficit, bien au contraire. Une gouvernance mondiale serait une dictature technocratique car la démocratie200px-Drap_alsace.jpg ne s'épanouit que sur de petits espaces.Montesquieu l'avait compris,les Suisses en donnent la preuve quotidiennement. De même l'Etat nation souverain tend au centralisme nécessaire à la guerre, économique ou autre, et cela au détriment de la démocratie. Sans remonter à la Révolution française et aux jacobins, nous avons sous les yeux un exemple du caractère potentiellement anti démocratique de l'Etat nation souverain, j'ai nommé la Chine.

    Ce pays, dit communiste, est en fait un Etat fasciste, parcequ'il est ultra centralisé au service d'une ambition nationaliste de conquête économique du monde. La France révolutionnaire et jacobine lançait ses gros bataillons contre l'Europe, aujourd'hui le Comité central jacobin du PC chinois mobilise les ressources du pays pour acquérir la domination économique mondiale. Le déficit démocratique chinois est énorme. La mobilisation pour la guerre économique est payée par la misère de 1 milliard de ruraux que tout sépare de 300 millions de chinois urbains, plus riches, et avides de consommation gaspilleuse à l'occidental.Le pouvoir central sans contrepoids, opprime les régions où vivent des minorités non chinoises dont le Tibet n'est qu'un exemple. On peut même parler de deux grandes "régions", celle des villes et celle des campagnes...et cela nous concerne directement. En effet seul un mode de développement décentralisé au profit des campagnes pauvres évitera que la Chine n'entraîne le reste du monde dans la guerre économique que son agressivité commerciale et financière ( cf le jeu sur le  Yuan) porte en germe.

     

    Face à ce géant , l'Union Européenne pourrait être un partenaire d'équilibre et un contre exemple démocratique. Mais pour cela elle devrait être refondée sur le principe de subsidiarité qui est un de ses fondements théoriques mais qui n'a jamais été appliqué; ce qui explique qu'elle soit devenue ce machin bureaucratique que dénonçait De Gaulle. Et pourtant le principe de subsidiarité fonctionne déjà en Allemagne fédérale, en Espagne, au Royaume Uni,voire en Italie du nord,et il  s'applique de plus en plus en Belgique. Ce principe peut aussi s'appliquer aux questions financières et d'abord à l'euro. Plutôt que monnaie unique et pur concept financier aujourd'hui, demain l'euro pourrait être un étalon monétaire européen dirigé en interne par la BCE au service d'une politique économique européenne. Référence mondial au même titre que le dollar( et obligatoirement le Yuan) l'euro serait associé au sein de l'UE aux monnaies de comptes des pays les moins compétitifs disposant d'une marge de dévaluations flexibles dans le cadre d'un serpent monétaire européen. Il deviendrait l'instrument de souveraineté d'une Union Européenne à  géométrie variable autour d'un noyau dur d'économies et  de systèmes fiscaux intégrés ( globalement l'Europe rhénane). Une telle Union Européenne serait solide mais aussi flexible au point de prendre en compte des autonomies régionales affirmées comme en Catalogne ou en Flandres dont les économies seraient de toutes façons liées à la zone euro.

    Pour conclure il faut comprendre que nous n'avons pas le choix; de deux choses l'une en effet, ou bien l'UE subit la crise , ou bien elle se réforme pour mieux l'affronter dans la durée car la crise sera longue. Soyons conscients qu'après les trente glorieuses voici venir les trente piteuses au cours desquelles les cartes géopoliques et économiques vont être rebattues. Se replier sur le nationalisme amène le chaos et la dictature, au contraire la sortie de crise passe par l'UE, pas celle des 27 et des bureaucrates, mais une UE construite depuis la base avec ses citoyens et puisant dans les  forces vives de ses peuples et de ses régions. Européens réveillez-vous ! C'est le moment de rester lucide et d'espérer !

  • Crise de l'Etat nation et régionalisme.

    200px-Drap_alsace.jpgLa crise c'est aussi celle de l'Etat nation et du retour du nationalisme. En France le nationalisme, mâtiné de populisme et de démagogie sera bien représenté aux élections présidentielles de 2012. Déjà les Chevènement, Mélanchon, Dupont-Aignan et autre Le Pen  nous invitent à courir......aux abris derrière les frontières de l'hexagone pour nous engager dans une nouvelle guerre de tranchée économique contre le reste du monde..

    Sauf que l'hexagone n'est plus à l'échelle de la guerre économique mondiale, seule l'Union Européenne pourrait l'être à condition de se définir précisément comme une " région" économique et politique capable de défendre ses frontières et sa monnaie l'euro. Le souverainisme ne peut être que de dimension européenne et s'exprimer dans la convergence des forces  fédéralistes exprimant  une volonté commune franco allemande.

    Seule une Union Européenne fédérale peut surmonter la crise des vieux Etats nations européens désormais contournés par le haut et par le bas. Au niveau du supranational comme à l'échelon infra national. En effet, même en crise les institutions supranationales restent incontournables. Sans elles les Etats nations seraient livrés à l'anarchie et  à la guerre faute de régulations  de leurs souverainetés antinomiques.

    Les souverainismes  archaïques sont contestés également au niveau infra national. Les vieilles structures nationales centralisées sont désormais remises en cause, l'exemple le plus saisissant de cette évolution étant la situation belge. La Belgique sans gouvernement depuis plus d'un an n'est qu'une fiction qui survit, les décideurs tant économiques que politiques se situent désormais d'abord au plan régional wallon, et surtout flamand. Mais ailleurs en Europe une évolution semblable est en cours comme en Catalogne, en Ecosse, voire en Italie du nord.

    Le monde de demain semble donc bien devoir se reconstruire à ce double niveau, à la fois supranational et local, par dessus et par dessous les Etats nations de moins en moins souverains. Si cette évolution est maîtrisée, nos sociétés évolueront vers plus de démocratie. Le régionalisme de demain c'est aussi la condition de l'approfondissement de la démocratie et du maintien de la paix dans le monde. (à suivre)

  • Régionalisme d'hier et d'aujourd'hui (suite)

    200px-Drap_alsace.jpgNous avons vu comment le régionalisme d'hier n'a plus de sens dans l'Alsace d'aujourd'hui, ouverte sur le monde et aux antipodes d'un provincialisme identitaire de repli. Ceci dit le mondialisme en crise appelle une réflexion sur l'enracinement et la défense des libertés locales, en d'autres termes la crise du mondialisme pose la question de la démocratie et du respect du citoyen du coin de la rue. Voilà pourquoi on peut penser que le régionalisme de demain doit être celui du développement durable et de l'approfondissement de la démocratie. De plus, en Alsace, le régionalisme s'inscrit dans la perspective d'une urgente refondation de l'Union Européenne et de la France.

    Vous objecterez qu'en ces temps d'austérité les citoyens ont des préoccupations essentiellement alimentaires et ne se soucient guère de la réforme territoriale ou de la réforme des institutions européennes. Ils subissent la crise de l'euro et ne voient pas si loin. C'est exact et pourtant il faut absolument leur expliquer que seules les idées fédéralistes, décentralisatrices,localistes et régionalistes permettront de reconstruire nos économies et nos sociétés. C'est ce que j'appelle le régionalisme de demain, comme réponse à la crise. Mais au fait de quelle crise ?

    Par crise il faut entendre crise du mondialisme, la crise de l'Union européenne ( dont la crise de l'euro n'est qu'un aspect),enfin et surtout la crise de l'Etat nation.

    Crise du mondialisme : après des années  de folle expansion, d'abolition des frontières et des régulations, voici venir le retour au réel et le début de la décroissance pour ce qui est du monde développé. Nous commençons de vivre la dislocation d'un système mondial d'échanges déséquilibrés et de finances devenues folles. Après les trente glorieuses du toujours plus, voici venir en Occident les trente piteuses du toujours moins. Après les élargissements, voici maintenant le temps des rétrécissements.

    Crise de l'Union Européenne : celle-ci tend à se contracter sur son coeur rhénan des origines pour se restructurer autour de celui-ci. Le hall de gare ouvert à tous les vents du mondialisme commence à fermer quelques portes à l'heure où devient évidente l'inexistence ectoplasmique de l'Europe des 27, bref  l'Union Européenne revient au réel en découvrant qu'il lui faut se protéger et  défendre sa monnaie. Mais se protéger c'est très tendance et cela amène aussi à un dangereux retour du nationalisme...... (à suivre)

  • Régionalisme alsacien d'hier et d'aujourd'hui

    200px-Drap_alsace.jpgL'annonce d'un accord entre les présidents Buttner, Kennel et Richert sur les principes d'une nouvelle collectivité alsacienne ayant son siège à Colmar est un grand motif de satisfaction pour le militant régionaliste que je suis.Mais le combat régionaliste n'est pas achevé pour autant, car plus que jamais l'intérêt local doit être préservé dans la tourmente de la crise mondiale. Le combat régionaliste se confond désormais avec celui pour un développement durable et l'approfondissement de la démocratie.

    Ceci n'est pas facile à faire comprendre dans un pays aussi centralisé et jacobin que la France où les idées régionalistes sont mal comprises, voire déformées et amalgamées avec le séparatisme ou l'extrémisme, comme j'ai pu le constater à Alsace d'Abord. Les élections régionales de 2010 furent sans doute la dernière apparition politique de ce  régionalisme du passé, aussi "ringard" que les dessins de Hansi et autre mythes alsaciens. Ce régionalisme-là a vécu, paix à ses cendres et hommage à ses militants, incompris ou diffamés, mais qui, désormais, doivent être prêts pour les combats régionalistes de demain d'une toute autre nature. Cela vaut explication.

    L'ampleur de la crise mondiale semble en effet enlever toute légitimité aux revendications locales. Quand le bateau mondialiste sombre, elles paraissent bien dérisoires et sont pafois perçues comme de simples querelles de clocher. Qu'importe un Conseil d'Alsace quand le parlement national  perd toute souveraineté face aux marchés et aux agences de notation ! Dans ces conditions peut-on encore se revendiquer régionaliste ? Je le crois et je l'expliquerai dans ma prochaine note sur ce blog (à suivre)...