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Emmanuel Macron : la raison politique contre les passions déraisonnables.

51512555-tete-de-pythagore - Copie.jpgFace aux journalistes hier soir à la télévision, le président est apparu comme un homme raisonnable qui fait son travail de président et qui s'efforce d'en convaincre la partie raisonnable de la population, en fait ceux qui l'ont élu, et dont je suis.

La partie raisonnable de moi-même est satisfaite de la politique du président, mais il y a en moi un être politique qui refuse passionnément ce que représente le président, à savoir un monde qui ne me satisfait pas et qui doit changer, non pas être adapté. Car ce que fait notre président c'est adapter la société française  à un monde qui change très vite et il a raison, mais ce que ne fait pas notre président c'est remettre en cause ce qui doit l'être, à commencer par le système de gestion jacobin dont il est le plus parfait représentant.

Ce n'est pas raisonnable, mais sans les passions déraisonnables, le monde ne bouge pas. Pour cela il y faut une passion déraisonnable qui a la chance d'être en phase avec le mouvement de l'histoire. Comme c'est le cas des séparatismes et autres sécessionnistes en ce moment.

Il est en effet déraisonnable d'être nationaliste et souverainiste à l'heure de la fin des Etats nations, tout comme il est déraisonnable de rêver encore de socialisme après l'échec du communisme. Le Pen et Mélenchon relèvent des poubelles de l'histoire, mais pas Puigdemont car son rêve sécessionniste est en phase avec la déconstruction des  Etats nation. Puigdemont est en avance sur l'histoire au contraire.

Pour être tout à fait rationnel et prendre de l'avance notre raisonnable président devrait essayer  de  comprendre ce qui pousse les Catalans, comme les Kurdes et d'autres, à remettre en cause l'ordre des choses. Cette passion si déraisonnable, mais sans laquelle rien n'avance, cette passion en phase avec le mouvement de l'histoire, c'est la passion de la liberté contre l'asservissement des grands systèmes de gestion, cette passion c'est celle de l'identité contre la transformation des êtres humains en simples producteurs et  consommateurs, cette passion c'est celle de l'homme enraciné et libre  qui refuse de devenir un objet nomade asservi aux intérêts d'une élite mondialisée et manipulé par elles. Cette passion est le ressort tragique de l'histoire et des révolutions, elle échappe à la raison mais elle fait les héros. Mais là nous sommes aux antipodes de la gestion technocratique des affaires quotidiennes. Nous ne  sommes plus dans le monde d'Emmanuel Macron, notre bon gestionnaire de président, mais qui, de ce fait même, ne peut être le héros qu'il rêve d'incarner.

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